PARACHA vayera

VAYERA

אֶתְהֶן אֲלֵיכֶם, וַעֲשׂוּ לָהֶן כַּטּוֹב בְּעֵינֵיכֶם; רַק לָאֲנָשִׁים הָאֵל, אַל-תַּעֲשׂוּ דָבָר, כִּי-עַל-כֵּן בָּאוּ, בְּצֵל קֹרָתִי

« Et il dit : « De grâce, mes frères, ne leur faites point de mal ! Ecoutez ! j’ai deux filles qui n’ont pas encore connu d’homme, je vais vous les amener, faites-leur ce que bon vous semblera ; mais ces hommes, ne leur faites rien, car enfin ils sont venus s’abriter sous mon toit. » »
Qu’est-ce qui peut pousser un homme, à l’encontre de tous les instincts primaires, à abandonner et sacrifier ses propres enfants pour protéger des étrangers inconnus venant s’abriter sous son toit ? Quelle que soit l’importance symbolique du commandement de l’hospitalité et de l’accueil de l’étranger, mérite-t-il qu’on s’y abandonne au point de sacrifier ce qu’on a de plus précieux, sa propre famille ?
Il semble que le neveu d’Abraham, Loth (puisque c’est de lui qu’il s’agit), cherche par tous les moyens à imiter son oncle, qui lui aussi, au début de la paracha, accueille les mêmes voyageurs. Mais à vouloir trop en faire, il arrive qu’on perde la tête.
L’histoire de Loth et son amère expérience vient nous mettre en garde contre ce qu’il pourrait advenir si les nobles sentiments humains de générosité et d’altruisme devenaient l’objet d’une compétition, et si on en venait à une surenchère d’accueil et de bienfaisance. Au point de s’oublier soi-même. Au point d’élever la nécessaire solidarité humaine en idéologie absolue, pour laquelle la fin justifierait tous les moyens.
Dans la tradition rabbinique, c’est Abraham qui est désigné comme un exemple à suivre, pas Loth. Il est celui qui accueille d’un esprit sincère, spontané et mesuré, sans s’oublier lui-même ni se mettre en danger. Car pour aider les autres efficacement, il faut d’abord veiller à son propre équilibre et sa propre sécurité.
Chabbat chalom

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