Emor

Chers amis,Voici le mot de notre rabbin référent David Touboul Dans la paracha EMOR on trouve un commandement à l’origine exclusivement lié au Temple qui est devenu une tradition à laquelle nous sommes très attachés : le Ner Tamid.“Ordonne aux Bené Israël de prendre de l’huile d’olive première pression pour faire monter le Ner Tamid [lumière perpétuelle].”A quoi servait cette lumière ? Qu’était-elle censée éclairer ? Et surtout quelle était la symbolique ?Le midrach Vayikra Rabba y voit une expression de l’alliance entre Dieu et le peuple d’Israël : « Bar Kappara : Dieu a dit à l’homme : ta lumière est dans Ma main et Ma lumière est entre tes mains. Ta lumière est dans ma main comme il est dit “La lumière de Dieu est l’âme de l’homme”, et ma lumière est entre tes mains comme il est dit “pour faire monter une lumière perpétuelle” »Certains y ont vu l’expression d’une force surnaturelle, qui voudrait que tant que la flamme brûle, personne ne peut vaincre le peuple juif dans ses guerres contre les peuples environnants.Maïmonide voit dans cette Mitsva l’expression d’une “Yirat Kavod” : la magnificence et la majesté ont pour but d’éveiller dans les cœurs la crainte face à la grandeur et à la gloire divine.Samson Raphaël Hirsh (rabbin allemand du XIXème siècle) voit dans l’allumage de la flamme une allégorie des rapports de maître à élève, la tâche de l’enseignant étant de faire en sorte que l’élève apprenne à se passer de lui et réfléchisse ou se documente par lui-même.Quand les juifs ont-ils commencé à placer des lumières appelées “Ner Tamid” dans leurs synagogues ?On pense y voir une allusion dans certains écrits du 11° siècle, mais il est clair que la pratique se heurtait à des problèmes techniques et des questions de coût avant que n’entre l’électricité dans les villes et les synagogues. Certains témoignages font état d’une tradition consistant à allumer des bougies ou des lampes à huile avant que les fidèles entrent pour prier, et à ne pas les éteindre après leur départ.Et aujourd’hui ? Quel sens peut avoir cette coutume que nous connaissons et adoptons, consistant à allumer une lampe électrique dans nos synagogues et l’appeler “Ner Tamid”? Une opinion populaire largement répandue voudrait que cela soit pour signifier et matérialiser la présence divine dans la synagogue. Cette opinion est dérangeante. D’une part elle n’est attestée dans aucune source ancienne. Mais surtout elle sous-entend que Dieu est présent dans la synagogue et pas ailleurs…Disons plutôt que le “Ner Tamid” aujourd’hui signifie trois choses :1.La référence au Temple qui ne doit jamais être oublié.2.La fonction première de la lumière est d’éclairer à l’intérieur, pour qu’ils puissent lire, comprendre, prier, étudier, s’enrichir et prendre des forces avant de sortir.3.Sa fonction seconde est d’éclairer vers l’extérieur : pour que tout le monde sache que cet endroit est vivant, habité, utilisé et ouvert à tous. Pour que les passants aient une excuse pour entrer, comme le dit une expression familière : “je suis entré parce que j’ai vu de la lumière”.Chers amis, l’année dernière en vous envoyant ce texte je terminais en écrivant « même si pendant cette période difficile nos synagogues sont fermées au public, nous devons tous avoir à l’esprit que la lumière continue de briller autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. »Aujourd’hui, je peux écrire que nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel. Ce n’est pas encore terminé, mais grâce à vous tous nous avons réussi non seulement à surmonter cette épreuve, mais aussi à inventer de nouvelles façons d’être ensemble, d’étudier et de prier en communauté.Un immense merci à celles et ceux grâce à qui nous avons maintenu vivace cette flamme tout au long de cette année pleine d’inattendu, de difficultés et de défis.

Rabbin David Touboul

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