PARACHA bechalah

BECHALAH

« On peut, après tout, vivre sans le je-ne-sais-quoi, comme on peut vivre sans philosophie, sans musique, sans joie et sans amour. Mais pas si bien. »
Cette citation du célèbre philosophe Vladimir Jankélévitch correspond bien à l’esprit de ce chabbat. Car la quatrième paracha du livre de l’Exode est l’occasion de célébrer un chabbat un peu particulier que nous appelons le Chabbat Chira : chabbat du chant, chabbat de la musique, chabbat durant lequel le texte de la Torah comporte le fameux passage appelé Chirat hayam, le cantique de la mer : « Az yachir moché ouvené Israël … ».
Tout le monde sait qu’avant de donner du plaisir et de permettre de s’exprimer, la musique nécessite un long et difficile apprentissage.
Pour jouer de n’importe quel instrument – y compris sa propre voix ! – il faut travailler patiemment et studieusement pendant des mois, parfois des années. Faire des exercices, des gammes, rejouer encore et encore les mêmes morceaux avant de pouvoir dévier de la partition et apporter sa petite touche, son improvisation, ou son interprétationpersonnelle.
Il en est de même de la liberté.
Ce peuple qui chante de joie et de reconnaissance lors de sa libération de l’oppression, ne sait pas encore qu’il va devoir faire face à un défi encore plus grand que l’esclavage : l’apprentissage de la liberté, qui passe par la Loi. La Torah est le solfège qui permet aux hommes de vivre en accord(s) sans trop de fausses notes et d’agressions auditives. Si elle donne un cadre, des règles et des limites, ce n’est pas pour asservir à nouveau, c’est au contraire pour donner les moyens de s’épanouir avec harmonie.

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